Amendement n° 2235 (Article 18) — de simplification de la vie économique
Texte favorable aux animaux · importance ●●
Rétablit l’obligation que la compensation écologique soit effective pendant toute la durée des atteintes à la biodiversité, pour que les espèces ne restent pas sans habitat.
Cet amendement du groupe LFI-NFP vise à rétablir l'obligation pour les mesures de compensation des atteintes à la biodiversité d'être effectives pendant toute la durée des atteintes. L'article 18 supprime en effet cette obligation d'effectivité pendant toute la durée des atteintes, permettant notamment aux mesures de compensation d'être décalées dans le temps.Or l’esprit initial de l’article L. 163‑1 du code de…
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Dispositif
I. – À l’alinéa 2, supprimer les mots :
« ou, à défaut, lorsque la complexité ou les délais nécessaires à leur mise en œuvre ne le permettent pas, à compenser les éventuelles pertes nettes intermédiaires dans un délai défini dans le cadre de l’évaluation environnementale, pertinent d’un point de vue écologique et confirmé par l’autorité chargée de délivrer l’autorisation, »
II. – En conséquence, au même alinéa 2, supprimer les mots :
« , à l’expiration de ce délai le cas échéant, ».
Exposé Sommaire
Cet amendement du groupe LFI-NFP vise à rétablir l'obligation pour les mesures de compensation des atteintes à la biodiversité d'être effectives pendant toute la durée des atteintes. L'article 18 supprime en effet cette obligation d'effectivité pendant toute la durée des atteintes, permettant notamment aux mesures de compensation d'être décalées dans le temps.
Or l’esprit initial de l’article L. 163‑1 du code de l’environnement est, à juste titre, de garantir l’absence de perte de biodiversité tout au long d’un projet. La volonté affichée ici de ne compenser les pertes de biodiversité qu’à la fin d’une période donnée n’a aucun sens sur le plan biologique et écologique.
En effet, il n’est pas possible d’appliquer une logique comptable et économique à des écosystèmes où la dette n’est pas permise, et où les fonctions écologiques sont non fongibles entre elles et doivent être pérennes. En effet, les espèces animales ou végétales qui peuplent un milieu dépendent pour leur survie de nombreuses conditions pour leurs habitats et les services écosystémiques qui y sont liés (alimentation, eau, protection contre les aléas climatique, refuge, parcours de migration, lieu de reproduction et brassage génétique, etc.).
Ces conditions indispensables doivent être satisfaites en continu, sous peine de mettre en péril l’existence même de populations concernées. Il est impossible de demander à des spécimens d’espèce protégée « d’attendre un délai raisonnable », de « patienter » jusqu’au début des travaux de compensation, si on la prive de ses moyens de subsistance. Elle disparaîtra dès le début des atteintes à son environnement, et cette disparition sera irréversible.
Les activités humaines aussi (agriculture, eau potable, protection contre les aléas climatiques, etc.) dépendent des services gratuits rendus par la nature. Autoriser un délai à la compensation, c’est mettre en péril ou affaiblir certaines des fonctions supports des vies humaines. A l’échelle d’un territoire, un projet industriel qui fait le choix du report de la compensation aura un effet social et économique négatif, invisible à première vue mais bien réel. Permettre des dommages temporaires à l’environnement, c’est en réalité permettre des dommages définitifs, et c'est permettre des dommages aux tissus économique et social des populations qui en dépendent.
De plus, par la nature interdépendante des fonctions écologiques, chaque atteinte environnementale aura des effets en cascade sur d’autres écosystèmes. Le rééquilibrage écosystémique – s’il est possible – résultant d’une perturbation non compensée de la nature nécessitera un temps plus long que celui du délai accordé à la mise en œuvre des mesures de compensation. L’impact géographique sera également plus grand. Ainsi, autoriser un délai à la compensation nécessite de tenir compte de ces effets de cascade, et de compenser plus que ce qui a été détruit. Dans un contexte où les mesures de compensation effectives en France manquent déjà d’ambition, ce n'est pas réaliste.
Il est donc proposé de supprimer la possibilité d’accorder un délai à la compensation.
Cet amendement a été travaillé avec France nature environnement.
Signataires
Auteur·e 1 Favorable aux animaux
Cosignataires 68 Favorable aux animaux
Nadège Abomangoli LFI-NFP
Laurent Alexandre LFI-NFP
Ségolène Amiot LFI-NFP
Farida Amrani LFI-NFP
Rodrigo Arenas LFI-NFP
Raphaël Arnault LFI-NFP
Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP
Ugo Bernalicis LFI-NFP
Christophe Bex LFI-NFP
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP
Manuel Bompard LFI-NFP
Idir Boumertit LFI-NFP
Louis Boyard LFI-NFP
Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP
Aymeric Caron LFI-NFP
Sylvain Carrière LFI-NFP
Gabrielle Cathala LFI-NFP
Bérenger Cernon LFI-NFP
Sophia Chikirou LFI-NFP
Hadrien Clouet LFI-NFP
Éric Coquerel LFI-NFP
Jean-François Coulomme LFI-NFP
Sébastien Delogu LFI-NFP
Aly Diouara LFI-NFP
Voir les 44 autres cosignataires
Alma Dufour LFI-NFP
Karen Erodi LFI-NFP
Mathilde Feld LFI-NFP
Emmanuel Fernandes LFI-NFP
Sylvie Ferrer LFI-NFP
Perceval Gaillard LFI-NFP
Clémence Guetté LFI-NFP
Zahia Hamdane LFI-NFP
Mathilde Hignet LFI-NFP
Andy Kerbrat LFI-NFP
Bastien Lachaud LFI-NFP
Abdelkader Lahmar LFI-NFP
Maxime Laisney LFI-NFP
Arnaud Le Gall LFI-NFP
Antoine Léaument LFI-NFP
Élise Leboucher LFI-NFP
Aurélien Le Coq LFI-NFP
Jérôme Legavre LFI-NFP
Sarah Legrain LFI-NFP
Claire Lejeune LFI-NFP
Murielle Lepvraud LFI-NFP
Élisa Martin LFI-NFP
Damien Maudet LFI-NFP
Marianne Maximi LFI-NFP
Marie Mesmeur LFI-NFP
Manon Meunier LFI-NFP
Jean-Philippe Nilor LFI-NFP
Sandrine Nosbé LFI-NFP
Danièle Obono LFI-NFP
Nathalie Oziol LFI-NFP
Mathilde Panot LFI-NFP
René Pilato LFI-NFP
François Piquemal LFI-NFP
Thomas Portes LFI-NFP
Loïc Prud'homme LFI-NFP
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP
Aurélien Saintoul LFI-NFP
Ersilia Soudais LFI-NFP
Aurélien Taché LFI-NFP
Andrée Taurinya LFI-NFP
Matthias Tavel LFI-NFP
Aurélie Trouvé LFI-NFP
Paul Vannier LFI-NFP
